Compagnie Montanaro
2

Duo avec Carlo Rizzo

Compositions, variations et improvisations musicales autour des poèmes de Patrizia Cavalli

Carlo Rizzo (tamburello)
Miquèu Montanaro (galoubet-tambourin, flûtes)

Poursuivant son travail d’expérimentation en duo liant musique et poésie, Miquèu Montanaro choisit avec Carlo Rizzo de dialoguer autour des poèmes de Patrizia Cavalli.
Poétesse contemporaine vivant à Rome, Patrizia Cavalli dévoile des textes rythmés, d’une intensité frappante, sur les thèmes de la vie, la mort, le temps et le corps.
Qu’est-ce qui rend si grande la poésie de Patrizia Cavalli ? (…) Immédiatement, vous remarquerez une particularité: que la pensée dans sa poésie se déplace jusqu’à ce qu’elle atteigne un point inattendu.
Caterina Bonvicini, in «il Fatto Quotidiano»

Dans Andrò all’inferno certo andrò all’inferno, Patrizia Cavalli utilise l’hendécasyllabe comme Dante dans toute la Divina Commedia. Selon le système métrique italien, l’hendécasyllabe est un vers où l’accent est sur la dixième syllabe métrique. Parmi les vers de la poésie italienne, c’est celui où les places des accents sont les plus variées. Toutefois, dans le cadre de l’épopée, ils sont fixés en sixième ou quatrième position. En raison de sa flexibilité, l’hendécasyllabe a longtemps été le vers favori des poètes italiens, et le plus utilisé. C’est la principale métrique de la poésie italienne et la plus importante dans toutes les formes, telles que la ballade, la chanson, le sonnet… Il en résulte des poèmes très chantants à l’écoute.
Il y a peu de poètes contemporains capables comme Patrizia Cavalli d’utiliser une telle technique raffinée et complexe tant dans la plus rapide improvisation que dans la plus surprenante construction narrative et discursive. Les mesures métriques classiques lui sont naturelles et familières aussi bien que le lexique et la syntaxe de la langue d’expression contemporaine. Pas de poétisme ni de maniérisme. Le lecteur de cette poésie pourra avoir la sensation que certains des classiques les plus lointains et les plus aimés sont présents dans cette langue poétique sans être jamais évoqués ni imités, comme formes intemporelles ou démons propices.

Andrò all’inferno certo andrò all’inferno
per empia volontà, dar vita ai morti.
Ai morti ancora in vita eppure morti,
così contenti di essere già morti.
taumaturga infelice e prepotente
che vuoi fermare il tempo ma non vedi
che il tempo era già fermo e ti aspettava.

Carlo Rizzo et Miquèu Montanaro choisissent de confronter cette poésie contemporaine qui puise aux sources tout renouvelant leur propre relation aux musiques traditionnelles d’Italie et de Provence. Leur connaissance des trois langages – contemporain, improvisé et traditionnel – leur permet d’évoluer dans un cadre libre mais familier, inventif mais relié, nouveau mais ancré dans un monde Méditerranéen qu’ils ont arpenté de rencontres en rencontres.